Destination LES PHILIPPINES

 

Petite frayeur au bureau de l’immigration de l’aéroport de Makassar pour quitter l’Indonésie.
A mon arrivée à Jakarta le 26 juin, j’avais obtenu un visa de 30 jours. Forte de mon expérience en Chine, je pouvais donc partir au plus tard le 26 juillet, le jour 1 étant le 27 juin…etc. Or, en Indonésie le décompte des jours se fait différemment : même si votre avion arrive à 23h59, cela compte pour 1 jour ! Ce 26 juillet je suis en « overstay » de 1 jour. À l’arrivée, on m’avait affirmé qu’il n’y aurait aucun problème : je devrais simplement m’acquitter de la somme de 20$, parole de policier…indonésien.
Je dois me rendre dans un bureau où attendent pour la même raison une mère de famille allemande et ses 3 jeunes ados. Après un certain temps, arrive un « uniforme » , visière sur les yeux. Le questionnaire commence : vous allez oú, pourquoi, combien de temps, etc…Il déclare que l’on doit payer 300.000 roupies soit 20$ (ça on le savait déjà), mais PAS AUJOURD’HUI car son bureau est en ville…😨 puis silence. Sont-ce nos regards paniqués ? la présence des 3 enfants ? toujours est-il qu’il nous demande subitement nos passeports et si l’on préfère régler en roupies, en dollars ou en euros. Pour ma part ce sera en roupies. Il sort du bureau. Attente. Enfin, le voici de retour. Nous sommes encore dans les temps pour prendre notre avion. Il a relevé sa visière, nous remet nos passeports dûment tamponnés, et nous mets en garde de ne surtout pas recommençer. C’est le mot de la fin, il ne faut rien ajouter, juste « thanks you » et filer le plus rapidement possible vers la porte d’embarquement. Mais j’entends l’allemande répliquer : « oui, parce ce que ça revient cher ! » je vois le policier la regarder longuement puis  lever les yeux au ciel et tourner les talons.

Arrivée à Manille sous les averses. Je n’y reste qu’une nuit. Le lendemain je rejoins Puerto Princesa, sur l’île de Palawan, après une heure de vol à peine. Ensuite, le plus long sera d’arriver jusqu’à Port Barton situé sur la côte opposée. Après 3 heures de route en bord de mer (magnifique) le bus me dépose à l’intersection de 2 routes. Un américain qui a déjà fait ce trajet fait partie du voyage. Il nous faut attendre maintenant un « jeepney », sorte de gros camion tout-terrain plus ou moins aménagé. Il n’y a pas d’horaire précis. Deux grosses heures plus tard et beaucoup de sueur, voici l’engin qui arrive, prend le virage sur les chapeaux de roues et s’arrête dans un crissement de pneus. Ca promet ! Il y a déjà 20 personnes là dedans plus quelques autres sur le toit. En se serrant…beaucoup, on sera 22 à l’intérieur. J’ai les pieds sur un sac d’aubergines, le coude d’un gamin dans les côtes…et il y a 22 kilomètres. C’est une piste en ciment avec une succession de virages, de côtes et de descentes. Par moment, le ciment fait place à la terre. Le camion tangue dans les ornières, les bosses et la poussière s’engouffre par les ouvertures. On comprend qu’un véhicule, voiture ou bus ne puisse prendre cette route. Mais par bonheur il ne pleut pas. Pour signaler un arrêt, il faut taper sur la tôle du plafond…A Manille, ces engins sont aussi trés nombreux et portent des noms tous aussi fantasque les uns que les autres, dont le plus célébre est : « Avoid hangover stay drunk ».

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Le village de Port Barton, en bord de mer, n’est pas grand : quelques chemins de terre, une église et une école en bois, un dispensaire. Pas d’hôtel, quelques guesthouses, des restaurants locaux et des petits commerces de rues, l’électricité de 5h30 du soir à minuit. C’est un endroit paisible. Sur la plage, les enfants se baignent, les pêcheurs ramènent le poisson sur leur bâteau à balanciers.
Je suis hébergée chez une maîtresse d’école, qui loue une chambre par Airbnb. Elle me propose d’aller visiter l’école en début de semaine prochaine.

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La rue principale de Port Barton                  Une magasin  » de tout »

 

Une rue secondaire                                          Une allée qui mène au bord de mer

 

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SULAWESI : LES ÎLES TOGIAN

Au nord du Sulawesi, dans le golfe de Tomini, se trouve un archipel de 56 îles : les îles Togian. Quelques personnes rencontrées me parlaient, une lueur dans les yeux, de ces îles enchanteresses…Je décide donc de m’y rendre, armée de calme et de patience. Car, de Tentena, il faut tout d’abord se rendre à Ampana (7 heures de bus) et de là prendre un ferry pour Wakai, aux heures de départ et d’arrivée approximatives. Car si le ferry transporte bien évidemment des passagers, il embarque également vivres, bouteilles de gaz, mobiliers de toutes tailles, outillages…L’embarquement se fait à la force des bras directement des camions, carrioles ou voitures dans la cale ou sur le toit du bâteau. Sur l’embarcadère, il s’ensuit une lente, mais alors trés lente, agitation.

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Enfin, prêt à partir, il y a le retardataire de dernière minute, qui est hissé à bord in extremis par des bras bienvenus. On s’assoit ou l’on peut, des matelas de sol sont éparpillés un peu partout. Sur le toit et à l’avant du bâteau des bâches sont tendues pour se protéger du soleil. Quatre heures de navigation et nous arrivons à Wakai précédé par le ballet des dauphins et des poissons volants. La première étape est terminée, en route pour la seconde. Il faut maintenant trouver une embarcation pour aller jusqu’au Sunset Beach, où j’ai décidé de passer 5 jours. La premiere disponible est un long bateau en bois, flanqué de ses balançiers en bambou.

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J’arrive peu de temps aprés sur une plage de sable blanc, bordée de palmiers, accueillie par Irène, la propriétaire des lieux avec ses 3 adorables chiens et ses 4 chats. Entre mer et jungle, il n’y a que 3 bungalows et 2 hébergements familiaux. Il n’y a ni route, ni magasin, pas d’eau chaude, pas de wifi et lélectricité fournie par groupe électrogène ne fonctionne que de 18 heures à 22 heures. La pension complète est de 13€ par jour ! Par chance, j’ai le bungalow, avec terrasse et hamac, le plus prés de la plage.

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Je passe la plus grande partie de la journée dans l’eau délicieuse. Il suffit d’un masque et d’un tuba pour découvrir, même à faible profondeur, des fonds merveilleux : coraux , poissons de toutes couleurs, étoiles de mer bleu roi, plantes. Et le spectacle continue à la nuit tombée avec le plancton luminescent. C’est magique ! Des suisses, belges et une famille suédoise sont venus également trouver châleur, activités marines et repos.

Pendant cinq jours, nous mangeons midi et soir, riz, légumes. barracuda grillé et bananes. Le matin c’est crêpes aux…bananes. Le soir, autour de la table, c’est le moment de bavarder, de découvrir des modes de vie différents, de découvrir les projets de chacun…

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Étonnament, le retour « à la ville » ne m’a pas paru difficile. « Rafraîchie » par ces 5 jours de vie simple dans un cadre magnifique, j’ai continué à voguer et me laisser porter par le courant du voyage.

 

Je me trouve aujourd’hui revenue à mon point de départ : Makassar ! Demain, je m’envole vers Manile, aux Philippines. De là, je me rends par avion sur l’île de Palawan, à Port Barton, situé sur la côte nord-ouest de Palawan, oû je passerais une dizaine de jours (encore la plage pffff !). Ensuite, je retournerai vers Manille pour découvrir pendant une douzaine de jours le nord de Luzon : montagnes et rizières.

 

LE SULAWESI

Après un court séjour à Malang, ville agréable avec ses avenues arborées et ses maisons cossues de style colonial, je quitte Java pour le Sulawesi.

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Il est plus de 16 heures lorsque j’arrive à l’aéroport de Makassar. Il n’y a plus de bus pour rejoindre le centre ville. Je dois donc prendre un taxi. Leur système de gestion est à prendre en exemple. Il faut d’abord acheter un ticket à un comptoir situé dans l’aéroport. Le prix est fonction de zones géographiques (une course de 25 kilométres coûte 120.000 roupies indonésienne soit environ 8€). Il suffit de remettre le ticket au chauffeur, et c’est bien sur à ce moment là que les sollicitations sont nombreuses. Mais il n’y a pas de marchandage possible, ni d’échange direct d’argent.
J’ai bien aimé Makassar, sa promenade en bord de mer, ses nombreux parcs et ses habitants souriants, accueillants et toujours curieux.

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La population du Sulawesi est majoritairement chrétienne. Les chants matinaux (4 heures 30) des muezzins ont laissé la place, dés 6 heures trente, à des chants d’églises rythmés et fort en tonalité. On gagne 2 heures de sommeil !
Les transports sont assez difficiles : l’état des routes, les horaires approximatifs, l’emplacement des terminaux de bus éloignés des centre-villes rendent les trajets longs et fatigants.
Pour rejoindre Rantepao dans le pays Toraja au centre du Sulawesi, il faut pas moins de 12 heures de bus ! Je fais une halte à Pare Pare, qui serait une étape agréable (marché et bord de mer animé), si l’antipathie de ses habitants était moins présente. En effet, le lendemain matin, il s’avère difficile de trouver un bus allant vers Rantepao : autant de renseignements demandés, autant de réponses différentes et approximatives ! Finalement, je trouve un « kijian », une voiture partagée avec 4 autres personnes. Le tarif est identique à celui du bus et le confort un peu meilleur, hormis la fumée de cigarettes. Heureusement, il fait chaud, on peut rouler vitres baissées.
LE PAYS TORAJA

 

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Une région assez vaste où les maisons en bois ouvragé et peint, sont coiffées de toits en forme de proue de navires. Le paysage est montagneux, jalonné de rivières. Des rizières dégringolent des versants. Région où le buffle est roi. C’est un endroit également connu pour ses cérémonies funébres qui durent plusieurs jours attirant
de nombreux curieux. Elles sont devenues une attraction touristique et les « organisateurs » attendent des présents dont les plus prisés sont…les cigarettes. Je n’y ai pas participé, ne me sentant pas avide d’assister en direct à des sacrifices d’animaux, ni de prendre part à une cérémonie-spectacle. Mais à chacun son choix et ses raisons. La région offre des balades au milieu des riziéres ou en forêt qui sont pour le moins intéressantes et agréables, s’il ne pleut pas trop.

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TENTENA
Ensuite, ce sera encore 12 heures de bus pour arriver à Tentena, situé au bord d’un lac. Un endroit frais et calme, un petit village de pêcheurs et de fermiers. Jour de chance : c’est la fête du riz ! Les habitants ouvrent leur maison et régalent les amis et voisins de mets préparés à l’occasion. Fatalité ! Dans la journée, je rencontre un guide indonésien qui à travaillé sur les bâteaux de croisiére à Cannes et qui connaît très bien, tenez-vous bien…Auron. Le soir, nous voilà partis, en compagnie de 2 autres français et d’un autre indonésien, faire la tournée des amis. Nous sommes très bien accueillis et invités à gouter TOUT les plats (y compris, avec modération l’arak, une boisson fermentée). De belles journées à Tentena !

 

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ARRIVÉE EN INDONESIE

Je quitte avec regret le Sarawak. J’aurais bien aimé y rester plus longtemps mais mon billet d’avion pour l’Indonésie est déjà réservé.
De Kuching, après 2 heures de vol, j’atterris à Jakarta. Cette immense ville ne m’attire pas vraiment, peut-être à tort. Mais c’est la fin du Ramadan, de nombreuses fêtes et rassemblements sont prévus ici et là amenant encore plus de trafic, de bruit et de pollution. Je prends donc directement un bus pour Bogor, à 2 heures de route de Jakarta, vers l’intérieur.
D’emblée, je trouve qu’il y fait plus frais qu’en Malaisie. Est-ce la présence de cet immense jardin botanique de 64 hectares en plein cœur de ville ? la proximité de montagnes ? les nombreux jours de pluie ? Quoi qu’il en soit, on s’y sent bien ! Il y a bien sûr la circulation anarchique de l’Asie, l’appréhension de traverser les avenues…classique. J’avais réservé une chambre par l’intermédiaire de Airbnb. Mon hôte, habitué à recevoir des voyageurs étrangers, est venu me chercher à la gare routière où habitude et rapidité sont nécessaires pour trouver le bon van et s’y engouffrer.
La visite du jardin botanique nécessite une journée, voire plus pour les passionnés. Ce sont des bambous géants, de gigantesques arbres centenaires, un étang de lotus, des orchidées, une rafflesia encore en formation et qui mettra plusieurs mois avant de s’ouvrir. En levant la tête on aperçoit, accrochées aux branches, des grappes de chauve-souris, la tête en bas, battant lentement des ailes pour se ventiler.

 

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Chauve-souris

Il y a également dans les environs de belles cascades. L’eau y est fraîche, revigorante, surtout à 7 heures du matin pour éviter l’afflux des vacanciers. Les hommes et les enfants se baignent, les femmes papotent assises sur les rochers. Les abords ont été aménagés à la mode indonésienne : piquets de bambous et tôles ondulées font l’affaire pour abriter des cuisines de fortune. Sur le sol, quelques tapis font office de salle à manger. Un cadre magnifique qui inçite au farniente, mais les ordures jonchent le sol, voire l’eau…

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Jogyakarta, à 400 kilomètres de Bogor, est le centre culturel de Java. Dans la ville, pour drainer le flux des visiteurs, les moyens de transport sont multiples : taxis, bus, porteurs à vélo, calèche, motos…Outre le palais du sultan et autres monuments historiques, la ville est également connue pour son batik. Chaque magasin, et il y en a beaucoup, certifie l’authenticité de ses pièces de tissu.
Je suis un peu déçue par cette ville faite pour les touristes, business oblige ! Il reste encore quelques ruelles, trop étroites pour que passe une moto, où l’on aperçoit, le matin de bonne heure, des vendeurs d’oranges ou de snake fruit, et qui vous accueillent d’un sourire. Il y a, par ci par là, des maisons aux toits de tuiles pittoresques, écrasés entre deux immeubles…

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